Après Sundance en janvier, c’était au tour du festival new-yorkais de Tribeca créé par Robert de Niro de mettre la réalité virtuelle à l’honneur : une sélection dédiée de 29 films dont trois français et pas moins d’une vingtaine de premières mondiales.

On pouvait aussi y croiser de grands noms du cinéma exemple Catherine Bigelow (Point Break, Strange Days, Zero Dark Thirty) venue présenter son documentaire The Protectors, une immersion avec les rangers du Parc National de la Garamba en République Démocratique du Congo.

Pas de prix VR à proprement parlé, en revanche, c’est bien un film VR, TreeHugger du studio anglais Marshmallow Laser Feast, que le jury a choisi de récompenser dans la catégorie Storyscapes dédié aux films engagés.

De la vidéo 360 à l’expérience interactive, il y avait de tout à Tribeca. « Je pense que le truc le plus innovant qu’on ait vu c’est Draw me close » explique Pierre Zandrowicz du studio Okio. « Lorsque vous mettez le casque, un comédien se place derrière vous. Il endosse une enveloppe corporelle différente et vous guide dans une autre réalité, vous raconte une histoire, vous fait bouger… C’était le truc le plus innovant, les gens en parlaient beaucoup pendant le festival. » Une expérience de type Room-scale, avec un déplacement important du spectateur dans une pièce, à tel point qu’il finit allongé… et bordé dans un lit.

Sans aller aussi loin, de nombreux projets utilisaient l’interactivité. Pour beaucoup de studios, Tribeca a été l’occasion de présenter une nouvelle technologie ou un nouveau concept. Exemple avec Broken night où l’histoire évolue en fonction de l’endroit où regarde le spectateur. « On m’a expliqué que pour voir tous les scénaris, il fallait regarder ce film 15 fois ! Donc je te laisse imaginer le nombre de tournages » commente Pierre Zandrowicz. Mais ce qui a le plus marqué le réalisateur d’I, Philip, c’est Hallelujah de Zacharie Richter. Un projet réalisé avec la dernière technologie de LytroCityDuringTheFestival_RubyTull_047-300dpi_tr qui permet de scanner en volumétrique les acteurs. « Du coup il y a ce fameux « 6 degrees of freedom » (6 degrés de liberté), tu peux te déplacer sur les côtés, t’avancer, reculer et les perspectives changent en conséquence, ça crée une vraie proximité avec les personnages. Ç’est encore un peu limité, y a encore quelques bugs mais on se dit que d’ici un an ou deux, ça va révolutionner à nouveau les codes de la narration là où déjà la VR 360 offre plein de chalenges. On ne les a même pas encore résolus que déjà on est en train de se demander comment on va faire quand on va pouvoir se déplacer dans le film. »

Pierre Zandrowicz était à Tribeca en compagnie d’Antoine Cayrol, l’autre fondateur d’Okio, pour présenter Alteration de Jérôme Blanquet « C’est une grosse introspection dans la tête d’un personnage, on change de point de vue assez souvent, on casse certains codes des précédents projets qu’on avait faits. On est vraiment plus dans la sensation que dans le sens par moment.» Une expérience qui n’a pas laissé les spectateurs indifférents et qui sera visible en France sur la plateforme Arte 360 à partir de la mi-juin.

Alexandre Perez, un autre français a lui présenté son film Sergent James, une immersion au coeur de l’imaginaire d’un enfant, que le spectateur découvre à hauteur de jouets. « On a pu montrer notre film a énormément de gens en 10 jours, on a eu beaucoup de retours positifs, donc il est possible que le film ait une vie là-bas. » Une bonne nouvelle pour Floréal Films, sa société de production qui a récemment revendu les droits France à la plateforme MYTF1 VR.

Difficile pour les participants que nous avons interrogés de dégager une tendance générale à Tribeca. Il y avait quasiment autant d’approches différentes que de projet présentés. Un constat néanmoins, la durée moyenne des films oscille autour de 10 min. Pour Alexandre Perez, « il n’y aura pas de long métrages en VR. C’est une logique cinéma dans un marché qui n’est pas du cinéma ».

Le monde du cinéma montre en tout cas un réel intérêt pour ce nouveau médium, preuve en est la présentation très attendue au Festival de Cannes de la première expérience VR réalisé par Alejandro Gonzalez Inarritu, un film de 7 minutes, intitulé Carne y arena (Chair et sable).

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