Dans le monde de la VR, il est incontournable. Non pas parce qu’il est devenu milliardaire en revendant son entreprise 2 milliards de dollars à Facebook, mais parce que son visage est étroitement lié à l’histoire de la VR telle qu’elle est en train de se construire aujourd’hui.

A la question « à quand remonte la VR ? », la réponse est généralement « 2012 », date à laquelle Palmer Luckey, jeune américain passionné de jeux vidéos développe son casque de réalité virtuel, appelé Oculus Rift.

Pourtant, c’est faux. L’histoire de la VR est bien plus ancienne. En 1956 déjà,  Morton Heilig invente le Sensorama, une drôle machine, peu compacte, qui propose une immersion visuelle tout en diffusant des odeurs pour rendre l’expérience plus réaliste. En 1968, Ivan Sutherland fabrique « l’épée de Damoclès » ou l’Ultimate Display, qui permet de visualiser la réalité tout en en se déplaçant légèrement. En 1984, Thomas Furness propose un simulateur pour former les aviateurs de l’armée au pilotage… Et il y aurait bien d’autres exemples.

L’histoire de la VR est une lente évolution qui connait certes une accélération avec le rachat d’Oculus par Facebook, mais qui n’en n’est pas le point de départ pour autant.

Alors, pourquoi faire commencer l’histoire de la VR avec Palmer Luckey ?

La première raison est d’ordre marketing. Pour lancer une industrie, les icônes sont utiles sinon indispensables. Et, en la matière, Palmer Luckey a des avantages. Il est beau, jeune, incarnant parfaitement l’image que se fait tout américain du petit « génie de l’informatique ».

De plus, un peu comme Bill Gates avant lui, il développe son business dans son « garage ». C’est en effet chez lui qu’il met en place son premier casque, mieux adapté que ceux disponibles alors sur le marché, aux exigences des jeux vidéos. Comme dans un conte de fée, il reçoit alors l’aide de John Carmack, l’inventeur de Doom, et réussit à lever 2,5 millions de dollars sur la plateforme Kickstarter, un exploit à l’époque. Son histoire incarne à merveille le rêve américain. Palmer Luckey devient une légende.

Après le rachat de sa société par Facebook en 2014, il prend la tête d’une société de plus de 400 personnes disposant de moyens presque illimités pour faire avancer la technologie. Le jeune chef d’entreprise a réussi. Il ne lui reste plus qu’à inventer l’avenir, forcément américain.

Mais, souvent, la vie prend des chemins imprévus.

En 2016, The Daily Beast, un site internet d’informations, accuse le milliardaire de 24 ans de soutenir financièrement une association politique baptisée Nimble America (« Amérique agile »), qui soutient…  Donald Trump.

L’association Nimble America se distingue notamment, en adoptant une position très militante à l’encontre de la candidature d’Hillary Clinton et en développant des techniques très contestées de « marketing électronique » qui consistent à harceler les internautes en faisant du shitposting, littéralement, « poster de la merde ».

The Daily Beast révéle ainsi que Palmer Luckey a fait un don de 10 000 dollars pour soutenir cette association très controversée.

Palmer Luckey s’en explique  quelques jours plus tard : « « J’ai donné 10 000 dollars à Nimble America parce que je trouve que l’organisation a des idées fraîches quant à la manière de communiquer avec de jeunes votants à travers l’utilisation de plusieurs forums. »

Une prise de position pas vraiment en phase avec l’esprit Silicon Valley et encore moins avec les convictions du pédégé de Facebook, Mark Zuckerberg.

De plus, le jeune milliardaire semble être très influencé par les thèmes « anti-immigration », « théories du complot », »islamophobie »… très présents sur les réseaux sociaux qu’il anime.

Depuis ces révélations, le petit monde de la VR semble commencer à prendre ses distances avec « l’icone fondatrice ». Plusieurs investisseurs se sont désengagés du financement lié au développement du nouveau casque d’Oculus. Et, Brendan Iribe, l’actuel président d’Oculus, a tenu à mettre les choses au clair en déclarant que les opinions de Palmer Luckey n’engageaient en rien celles de la société.

Pour Palmer Luckey, le vent de l’histoire est en train de tourner.

Ludovic Fossard pour VR STORY

 

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